Les rencontres de l'ADEUS

égalité, solidarité

31e Rencontre de l'ADEUS

égalité, solidarité

Le monde change, il a changé et continue de muter. Nous savons les lames de fond comme les mutations économiques, la baisse de l’emploi industriel, la tertiarisation des industries traditionnelles, l’innovation au croisement des champs disciplinaires ou sociaux, mais aussi l’évolution des modes de vie, la mobilité au cœur des valeurs, le numérique, l’hyper-individuation, le rapport au collectif.

Nos derniers cycles de conférences ont voulu défricher le rapport de chacun de ces points au territoire, et ainsi mieux cerner le phénomène de métropolisation tel qu’il se présente chez nous, concrètement, en Alsace : « Mutations de l’économie et nouvelles solidarités territoriales », « La mobilité au cœur du renouveau des territoires » et « Les modes de vie, moteurs de renouveau des territoires ». Cette conférence s’inscrit dans ce cycle.

Marie-Christine Jaillet, directrice de recherche au CNRS, présidente du Conseil de développement Toulouse Métropole, nous a confirmé une société de l’hyper-individuation et les conséquences sur le sentiment d’appartenance. Stéphanie Vincent-Geslin, chercheure associée au Laboratoire de sociologie urbaine à l’EPFL de Lausanne, a montré les relations des grands mobiles – ceux qui ont plus de deux heures par jour de trajet entre domicile et travail – avec les territoires métropolitains.

Nous avons voulu le troisième angle sous le prisme complémentaire et essentiel du vivre ensemble.

En quoi cette société est-elle en train de changer -ou pas- de ce point de vue ? Comment faudra-t-il en tenir compte dans nos responsabilités de citoyens, de professionnels, ou dans les politiques publiques ? Nous vivons dans une société de plus en plus illisible, en tout cas avec nos lunettes habituelles. à quoi sommes-nous aveugles ? Nous constatons la montée des inégalités de l’accès au travail et de l’accès au droit, la montée des précarités. Nous constatons la montée de l’abstention, la vulnérabilité de la démocratie représentative, nous savons la complexité de la démocratie directe. La difficulté de l’acceptabilité de l’intérêt général fait réémerger une valeur ancienne, celle des « communs », autour de communautés d’intérêt et de cercles de personnes bien identifiés. Allons-nous, comme le craignent certains, vers une société de clans, d’oligarchies, de populismes, d’âpres batailles pour le « temps de cerveau disponible » et en faveur d’une société du court terme ? Peut-être n’y a-t-il pas de fatalité. à quelles conditions ?

En quoi les mutations en cours touchent-elles notre « vivre ensemble » ? Pour défricher une question si intime à l’attitude de chacun et si collective, une question difficile, nous avons invité François Dubet, professeur émérite à l’université de Bordeaux, directeur d’études à l’École des hautes études en Sciences sociales.